
Les pays de l’est, décidément bien prolifiques depuis quelques années, peut-être comme une réponse longtemps refoulée à des décennies rigoristes, nous abreuvent de réalisations plus ou moins goûteuses. Dans les jours à venir la Hongrie devrait apporter une contribution à cette invasion ludique, en revisitant la mythologie issue d’une période historique méconnue (Vème et VIème siècles), tout autant qu’étrangère à sa culture propre, les âges sombres de l’île de Bretagne. C’est en effet de légendes arthuriennes dont il sera question, comme argument central pour le jeu à venir des studios Neocore (Crusaders: Thy kingdom come), basés à Budapest. Publié par Eastway media, King Arthur -c’est son titre- vous offrira l’opportunité de revêtir l’armure étincelante d’un Lancelot ou d’un Gauvain, plus proches des standards popularisés au cinéma par John Boorman (Excalibur), que de ceux dont les exploits furent relatés au moyen-âge par les gestes et autres romans courtois.
Basé sur les fondations celtiques de ces légendes (ici, très librement adaptées), tout autant que sur les traditions moyenâgeuses anglo-saxonnes et européennes, le mythe d’Arthur a influencé durablement des artistes comme Tolkien ou les maîtres contemporains de l’héroïc fantasy. Ne gâtons cependant pas notre plaisir par avance avec des à priori qui ne se limitent finalement qu’à une historicité de pacotille, concernant un héros dont l’existence même reste à démontrer ou une palette chromatique digne d’un Philippe Druillet peu inspiré. Si l’on passe outre ces présomptions néfastes, on découvre un système de jeu qui pourrait bien constituer la bonne surprise de l’été pour les amateurs de stratégie « médiévalisante ». D’autant que le versant rôle, incorporé pour une bonne mesure au gameplay de King Arthur, devrait ravir les inconditionnels de titres comme Age of wonders, Heroes of might and magic ou plus récemment, le superbe King’s bounty.
La prise en main des places fortes s’annonce passionnante
Succombant aux charmes annoncés de ce mélange de genres dont je suis friand, je vous propose de faire un tour du futur propriétaire, au travers de cette simple traduction du dossier presse et de bribes d’information lâchées par le distributeur. Une bonne manière de patienter, en attendant un hypothétique futur test complet. Si, comme moi, les légendes arthuriennes vous passionnent, vous trouverez également en annexe quelques ressources dignes d’intérêt.
Prévu et développé depuis plus de trois ans maintenant, uniquement pour le PC, King Arthur offrira aux joueurs la tâche de réunifier l’île de Bretagne, en défaisant des adversaires de diverses natures, à la tête d’armées impressionnantes. Il faudra pour cela vous attacher les services des légendaires chevaliers de la Table ronde, puis les envoyer quêster aux quatre coins de votre futur royaume. Ce faisant, chacun acquerra de l’expérience, des objets et du pouvoir supplémentaire. Leurs exploits vous permettront de bâtir et développer des villes, dont la citadelle mythique de Camelot, de passer des lois, ainsi que de recruter des troupes plus nombreuses, au sein d’osts de milliers d’hommes. Une option multi-joueurs est également prévue (sessions d’environ vingt minutes, en un contre un; deathmatch et Capture de drapeau).
Chaque décision prise par vos généraux sur le terrain aura une incidence, créant leur propre légende et modelant la moralité du roi Arthur selon divers aspects. Ce dernier pourra devenir un souverain juste et respecté, noblement chrétien; tout aussi bien qu’un monarque rustaud, un tyran, vénérant les vieilles idoles païennes. Cela définira le déroulement du scénario global (scénarisé) ainsi que son issue, ouverte et multiple. Le pieu Galahad, par exemple, refusera de rallier un despote païen.
Des combats en temps réel (non scriptés, à l’inverse de ceux de Crusaders: Thy kingdom come) verront s’affronter les armés portant vos couleurs et celles d’adversaires redoutables, sur des terrains joliment rendus en 3D. En moyenne, chaque site unique, parmi plus de 65 lieux de batailles, sera modélisé avec 120 million de polygones. Les unités compteront de 6 à 10 000 polygones. Qu’il s’agisse du roi-guerrier du pays de Galles; des terrifiantes tribus du Nord; de Morgawse, la reine-sorcière d’Orkney ou encore, des impitoyables Saxons, long et sanglant sera le chemin vers l’unification du royaume.
Concernant ce que l’on sait du gameplay, hors les batailles en temps réel avec ce qui semble être une gestion très libre de la caméra, la planification des mouvements de troupe se fera sur une superbe carte globale en 3D. La résolution des combats aura lieu sur des espaces immenses. Il est ici question d’affrontements sur 4Km², avec un environnement global atteignant 68Km², impliquant plusieurs milliers d’unités ! Les sièges et les assauts consécutifs (combats à l’intérieur des cités) seront gérés de manière « réaliste » -il est à noter que le jeu propose un modèle physique des dégâts- aussi bien avec les armes de l’époque (balistes notamment) qu’avec le secours de la magie. A ce propos, le moteur 3D semble avoir un rendu agréable des effets lumineux, qu’ils soient naturels ou pyrotechniques.
Un aperçu de la carte stratégique en fonction des saisons
Les saisons seront modélisées graphiquement, rythmant les tours de jeu au gré d’effets visuels très plaisants. La gestion stratégique depuis cette carte est largement inspirée de celle exploitée par Heroes of M&M et la série des Total war. On y bénéficiera d’une météo dynamique (affectée par certains sort… ) comme d’un brouillard de guerre et d’interactions avec les quêtes accomplies par vos héros. Le rythme des parties devrait rester soutenu, malgré cette phase stratégique en tours alternés ou la gestion scénarisée de la campagne. Non seulement grâce aux batailles dynamiques en temps réel mais aussi, aux évènements additionnels tels que les quêtes ou autres objectifs secondaires, d’avantage orientés jeu de rôle.
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On pourrait en effet penser, sur base de ces éléments, qu’il y a du potentiel. Tout dépendra in fine de l’ IA et de la jouabilité du produit ( tellement de bonne idées se sont terminées en jeux non finis, presuqe injouables et oubliés de tous ) . L’aspect historicité est-il important ? Pas tellement. Les romans courtois n’étaient pas historiques non plus. Arthur, si il a existé, n’était pas un seigneur moyen-âgeux, mais un seigneur de guerre romanisé, un « dux bellorum » de la fin du V° et du début du VI° siècle. Et sur cette période, les éléments historiques sont des plus confus…