Test Officers : un nouveau STR au rapport
Enième STR sur la Seconde Guerre Mondiale ? Pas tout à fait. Le jeu de Game Factory entend se démarquer d’une concurrence écrasante en combinant un système de jeu en temps-réel à une gestion stratégique du champ de bataille. La recette gagnante ?
Par une brumeuse matinée de juin, les barges de débarquement s’approchent de la plage. Un silence angoissé règne parmi les hommes de ma section… Pourquoi ai-je l’impression d’avoir vécu cette scène des centaines de fois ? Que ce soit au cinéma ou sur PC, je fais une overdose de 6 juin 44 ! Omaha Beach est devenu une pompe à fric : pour des impératifs commerciaux, les développeurs se sentent obligés de revenir sans cesse sur les mêmes batailles et de proposer les mêmes campagnes stéréotypées.
Officers ne fait pas exception. C’est donc reparti pour “une épopée qui nous conduit des sables de Normandie au coeur de l’Allemagne”. L’avantage, c’est que je connais déjà le chemin. Concrètement, cette campagne se divise en six missions simulant les grandes opérations historiques (Overlord, Cobra, etc.).
Sans être moches, les graphismes et les animations accusent quelques générations de retard. Le jeu se gère de toute façon en vue lointaine. Heureusement car en vue rapprochée les animations sont minimalistes.
Les combats se déroulent sur un mode STR ultra-classique : des sections d’infanterie, des véhicules à l’unité et divers options de soutien tactique (frappes d’artillerie, aviation, parachutistes). Il faut progresser pour s’emparer de tous les points de victoire de la carte. La spécialisation des véhicules et des fantassins est sans surprise mais assez complète : reconnaissance, antichar, choc, réparation… Les combats ne sont pas réalistes pour deux sous, mais relativement agréables et nerveux (trop peut-être). Vous disposez d’une quantité de renforts au départ, mais qui peut s’accroître à mesure de votre progression. Bien sur, vous pouvez vous abriter dans les bâtiments, transporter votre infanterie par camion ou vous emparer du matériel ennemi. Bref, la routine.
La nouveauté est l’introduction d’une dimension stratégique dans ce temps-réel. La carte de la mission est immense. Vous progressez en vous en emparant secteur après secteur. Chacun a ses spécificités : fortifications, dépôt de matériel, quartier général. La possession de ces objectifs-clés impacte sur le déroulement du jeu. Par exemple, l’activité aérienne ennemie cessera quand vous vous emparerez de l’aérodrome. Vous devez également sécuriser les routes sur vos arrières, pour vous assurer que les camions de ravitaillement passent sans encombre. A mesure que vous vous emparez de dépôts et que vous contrôlez les axes de ravitaillement, vous obtiendrez des renforts supplémentaires. Un système de rapports et de renseignements vous permet de suivre étape par étape le déroulement de la bataille.
L’aviation est gérée par le biais des ordres d’appui tactique (bombardements, largages) et par la possession des pistes d’envol.
Vous devez donc gérer vos troupes sur l’ensemble de cette bataille (qui du coup s’avère assez longue). Vous agissez en interaction avec une armée alliée sur votre flanc (les “Anglais” de service), qui vous aidera à l’occasion ou qu’il vous faudra soutenir pour que sa progression vous facilite la tâche. Chaque section et chaque véhicule est doté d’un système d’expérience qui la fera passer du statut de chair à canon à celui de troupe d’élite. En théorie, vous devez donc gérer à moyen terme votre petite armée. En théorie.
En pratique, Officers voit ses bonnes idées handicapées par une réalisation bancale. Au niveau stratégique, vous êtes théoriquement libre d’attaquer où vous voulez sur la carte. Mais puisque les structures stratégiques correspondent aux points de victoire, vos mouvements se résument à avancer en force d’un objectif à l’autre. Les offensives de l’adversaire sont assez stéréotypées. On aurait aimé que les attaques de l’IA soient conditionnées par la possession d’un dépôt ou d’un pont. Au lieu de ça, on a le sentiment que certaines offensives sur vos arrières répondent à de simples scripts. D’une manière générale, la taille de la carte, alliée au rythme STR, vous oblige parfois à jouer les pompiers pour repousser les contre-offensives ennemies apparaissant sur vos arrières.
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pouf pouf, Company of Heros!